Curateur, copiteur ?

les curateurs sont-ils des copieurs

La curation est à la mode. Du moins dans les milieux autorisés du content marketing et des réseaux sociaux, parce que contrairement à ce qu’ont l’air de penser les gourous américains, le mot et le concept ne sont pas aussi répandus que ça de ce côté-ci de l’Atlantique.

Rappelons en un mot ce qu’est la curation : une sélection critique d’articles et de billets parus ailleurs, que l’on présente à son lecteur en lui fournissant le lien pour lire le document original complet s’il est séduit par son contenu. Apparemment, la curation consiste à faire du contenu avec du contenu, du neuf avec du vieux.

Les curateurs sont-ils pour autant des sangsues du contenu ? Des parasites qui enrichiraient leurs sites avec le travail des autres ? Sont-ils l’équivalent on-line de certains producteurs de télévision sans scrupules ni talent qui se contentent de rétrospectives, best-of et autres bêtisiers ?

Je ne le crois pas. Lobi anime aujourd’hui divers sites de curation destinés à des communautés B2B, et je ne me sens pas Dracula le moins du monde. Du moins si l’on parle bien de curation et pas d’agrégation. Autrement dit, à partir du moment où le curateur fait la preuve de sa valeur ajoutée au lieu de se contenter de « re-twitter » en masse et sans plus de façons. C’est à dire quand il ne perd pas de vue l’idée fondamentale du contenu sur internet : l’utilité.

La curation doit être utile, au même titre que n’importe quel contenu on-line. En quoi réside cette utilité ? Elle est celle d’un distributeur à valeur ajoutée, un distributeur de contenu. Elle doit obéir aux règles d’or de tout distributeur : le prix, le choix, le service.

En fait de prix, il s’agit ici de la valorisation de l’information, de la manière dont elle s’impose comme un apport utile au lecteur obtenu à force de recherches. Ca n’est pas parce que le lecteur ne paie pas l’accès à la curation comme il payait autrefois l’accès à une « revue de presse » que cet accès n’a pas de valeur. La valeur pour le lecteur, c’est du temps gagné, des idées nouvelles, la faculté de briller en réunion du lundi, le sentiment d’appartenir à une communauté professionnelle. Et pour l’entreprise qui publie, cette valeur provient du dispositif de content marketing construit autour de la plate-forme de curation…

En fait de choix, c’est la largeur et la profondeur de l’offre d’information qui est déterminante – la sélection dépend étroitement de la cible visée, et donc des choix stratégiques effectués en amont de la curation. Quels sujets ? Quels angles ? Quelle couverture géographique ? Quelle ouverture sur des sujets connexes ? Quelle part laissée au non strictement professionnel ? Autant de questions qu’il vaut mieux se poser avant de commencer.

Enfin, le service rendu : le lecteur se tiendra bien souvent à la synthèse, rédigée dans sa langue et présentant les points clés de l’original en lui épargnant détails, citations et coquetteries d’écriture. Autant dire que l’éditorialisation et les qualités propres à l’écriture journalistique en général et à l’écriture web en particulier sont fondamentales à la réussite. Et cela, aucun logiciel d’automatisation (scoop.it !, Storify, Paper.li) ne peut y arriver tout seul.

Des résultats mesurables

En suivant ce schéma simple, et en s’intégrant dans un dispositif de content marketing complet, un site de curation donnera des résultats appréciables et mesurables : visibilité dans les moteurs de recherche, contact non commercial avec ses clients et prospects, opportunités de proposer des contenus « maison » (livres blancs, webinaires, séminaires, case studies, etc…) qui généreront autant de leads.

Sur le même sujet, je vous conseille la lecture d’un tout récent article de Mark Sherbin intitulé « Should You Curate Content? The Essentials Every Content Marketer Needs to Consider » qui revient sur les faits et méfaits de la curation et donne des liens vers des avis diversifiés.

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