Le contenu, combien ça coûte ?

le prix du contenu sur internet

Quand on pense content marketing, on se pose forcément la question de savoir combien coûtera la production de contenu. Ce n’est pas la seule composante : le conseil, la diffusion de ces contenus et leur intégration dans une politique construite de marketing automation vont constituer d’autres volets dans le calcul. Mais qu’on le veuille ou non, c’est le plus souvent par là que l’on commence…

Volumes x Prix unitaires = budget ?

En théorie, rien de plus simple que de calculer son budget de production de contenus : déterminer les volumes de contenu nécessaires, fixer des prix unitaires, et multiplier le tout pour connaître son budget contenu.

Pour déterminer les volumes de contenus nécessaires, on s’appuiera donc sur son programme d’action – son dispositif. Par exemple : quel est le rythme de parution de notre newsletter ? Combien de webinars pouvons-nous raisonnablement produire par an ? Combien de documents intéressants pouvons-nous proposer ? Combien de fois sommes-nous autorisés à adresser la base de données chaque mois ?

Ou encore, dans l’optique du content marketing : de combien/de quels contenus dois-je disposer pour pouvoir adresser les besoins d’informations de mes diférentes cibles (persona) de façon à les accompagner tout au long de la montée de leur demande ?

Jusque là, tout va bien, ou presque. Puis vient le moment de connaître les prix unitaires.

Euh… ça dépend

C’est frustrant, mais il n’est vraiment pas évident de se faire une idée des prix de production de contenus unitaires. Parce que, forcément, il ne faut pas les mêmes qualités pour écrire un livre blanc sur la dématérialisation des échanges interbancaires, un manuel d’entretien des sols plastiques, ou la fascinante histoire d’un week-end réussi à Val Thorens.

Certaines ressources sont plus rares que d’autres, et ce en dehors même de toute question de qualité rédactionnelle. On ne paie pas le même prix un moniteur de surf et un chirurgien orthopédiste.

B2B ou B2C ? Général ou spécialisé ?

Parce qu’ils connaissent le temps passé en interne sur la moindre brochure, les marketeurs B2B acceptent de payer relativement cher les contenus qui concernent leur spécialité. Ce qu’ils achètent : de la pertinence, du recul, du time-to-market (la priorité donnée au projet par leur sous-traitant vs. la hiérarchie des priorités de l’interne). Avec un impératif : ne pas passer plus de temps à la relecture/réécriture que le strict nécessaire.

Un avocat, un chercheur de haute volée, un spécialiste reconnu, qui apporteront leurs signatures, se réfereront à leur tarif habituel de 250 € de l’heure pour la production de contenus spécialisés. Ce qui ne sera pas considéré déraisonnable, même en comptant qu’un article de 5,000 signes leur demandera plus ou moins trois heures.

Côté B2C, c’est une autre histoire. S’agissant de contenus faisant appel à un savoir-faire plus largement diffusé (cuisine, bricolage, télévision…), le marché des écrivants est bien plus large. Les prix varient ici dans des proportion très importantes, avec une tendance à la baisse suite aux propositions de délocalisation vers des pays plus ou moins francophones.

Feuilletage à l’ancienne

prix des contenus sur internetDans la presse papier, on avait l’habitude de compter les mots, les signes, les feuillets. On retrouve ce système dans les barèmes syndicaux des pigistes, comme celui du SNJ, qui fixe à 65,93 € brut le tarif du feuillet standard de 1,500 signes en presse quotidienne nationale. Les sociétés sérieuses de custom publishing vendront pour leur part le feuillet (anonyme) autour de 110/120 €.

Cependant, sur internet, le travail ne se limite pas à de la rédaction. Il faut intégrer les principes SEO, gérer les mots-clés, proposer une illustration, rédiger un ou plusieurs exerpts, etc. Ca se complique encore si on demande à l’écrivant ou à la société qui l’emploie de mettre en ligne les contenus – le temps passé va varier selon le CMS utilisé, entre autres.

Places de marché : le grand bazar ?

Ces dernières années sont apparues des plates-formes d’intermédiation qui mettent en relation écrivants et acheteurs de contenus. Elles proposent des prix d’appels pour le moins stupéfiants, de 2 à 8 centimes le mot. Parmi elles : Redactiweb, Twago, Textmaster, Megaredacteur, Greatcontent, Textbroker et j’en oublie.

Le principe est toujours le même : on s’inscrit, on dépose son projet, les rédacteurs référencés postulent, on choisit, on reçoit le devis, on paie d’avance en ligne, et le texte arrive dans sa boîte mail.

rédacteur désespéréLes rédacteurs sont répertoriés par niveau de qualité, par exemple de 1 à 4 étoiles, selon leurs compétences.
Un article de 300 mots, traité par un rédacteur « 3 étoiles » est ainsi facturé… 18 euros chez Redactiweb (il le serait 12 € pour un rédacteur « 1 étoile »). De tels prix génèrent évidemment des questions :

  • le tarif net d’une femme de ménage à domicile s’élève actuellement à environ 10 euros de l’heure, et les plate-formes prennent une commission de 25% sur les prix de vente
  • pour être payé au prix d’une femme de ménage, le rédacteur (« 1 étoile ») devra donc en 50 minutes maxi prendre connaissance du brief et des nécessités SEO, sourcer, écrire, relire et poster ses 300 mots
  • quant au rédacteur « 4 étoiles », il aura le plaisir de gagner 20 ou 25 euros de l’heure de travail (au mieux), ce qui ne donne pas forcément envie de faire Normale Sup
  • pas la peine de parier sur la qualité. Il faut être mort de faim pour en arriver là, et un rédacteur mort de faim est rarement un bon rédacteur… surtout dans la durée !
  • à ce tarif, il y a gros à parier que beaucoup tenteront de recycler des contenus existants. Il existe même des logiciels capables de paraphraser des textes existants, et éviter ainsi de se faire repérer.

Qui dirige le projet ? Qui oriente les rédacteurs ?

Ne comptez pas trop sur les écrivants, quelles que soient leurs qualités, pour diriger votre dispositif et orienter la production de contenus. Disposez-vous de la compétence – et du temps nécessaire – en interne ? Si ça n’est pas le cas vous vous tournerez vers une agence spécialisée, dans le genre de Lobi. Et votre budget devra alors comprendre des honoraires de management et de conseil, en plus des coûts de production proprement dits.

Combien ça coûte ? ou Combien ça vaut ? La vraie valeur du contenu

La valeur des contenus tient avant tout à ce qu’on en fait ! Et le calcul de leur R.O.I. prendra en compte tant ce qu’ils rapportent que ce qu’ils ont coûté… Un sujet qui tient à cœur de tout marketeur d’aujourd’hui et à propos duquel on pourra relire cet article intitulé « Calculer le R.O.I. du content marketing ».

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Liens vers cet article

  1. Le contenu, combien ça vaut ? | Pim-Blog

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