Allez vous faire voir !

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Avec des titres passés au crible par vos comités éditoriaux, relus par vos experts marché, censurés par votre direction juridique, réécrits par votre direction de la communication, et censément améliorés par votre spécialiste SEO, il y a peu de chance que vos contenus émergent du lénifiant ron-ron qui peuple les timelines.

Au lieu d’un titre qui se voit, qui saute à la figure, qui provoque la discussion, vous avez toutes les chances de finir avec un article qui affirmera comme un million d’autres quelque chose comme « Comment écrire un titre qui vend », « 7 trucs infaillibles pour faire lire vos articles de blog », voire « Le titrage disruptif pour booster votre lectorat digital ».

L’explosion des titres descriptifs

Les derniers lecteurs de la presse quotidienne consacrent aujourd’hui 20 minutes en moyenne à lire leur journal. C’est peu par rapport aux heures de lecture que proposent Le Monde ou le Washington Post. Mais c’est encore beaucoup par rapport à internet où l’information se limite au défilement de la timeline de Twitter, et des publications Facebook, LinkedIn, Snapchat et compagnie. Car là, l’attention se mesure en secondes (voir aussi l’article : 8 secondes pour être lu). David Ogilvy disait déjà du temps des Madmen que cinq fois plus de gens lisent le titre d’un article que son contenu. Aujourd’hui, combien ? 50, 500, 5000 fois plus ?

D’où la tentation de proposer des titres qui donnent une idée précise du contenu : ils évitent à l’internaute de lire ce qui se trouve derrière, tout en lui laissant penser que l’on a traité du sujet. Mission accomplie ! On a démontré sa volonté de servir, et éventuellement affirmé qu’on y connaissait quelque chose. Plus le titre sous-entendra que le contenu est riche, mieux il sera relayé dans les réseaux sociaux, sans que personne ne prenne la peine de le lire. Du bluff ? Même pas. Car il serait dommage de décevoir les internautes qui auraient cliqué. Vous voilà donc contraints de déployer beaucoup d’efforts… pour bien peu de résultats.

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Lire aussi : Pourquoi tous les titres des blogs marketing sont les mêmes.

Un titre accrocheur pour se distinguer dans un océan de platitudes

La systématique du titre descriptif à ses limites. Ce n’est pas avec des titres descriptifs que l’on crée un style, un ton, une connivence, une relation privilégiée. Ni qu’on peut espérer se faire remarquer, retenir, apprécier.

Est-ce que le « J’accuse » d’Emile Zola aurait eu le même rayonnement s’il avait été titré « Les 26 raisons pour lesquelles le commandement militaire refuse la vérité sur l’affaire Dreyfus » ? Un titre accrocheur est indispensable pour engager votre public à devenir un lecteur.

L’écriture d’un titre est un métier, somme toute assez proche de la rédaction des accroches publicitaires. En plus de l’esprit de synthèse et de la compréhension du contenu, le titrage fait appel à la créativité, à la culture, à l’imagination… et aussi au culot. Autant de qualités qui ne sont pas exactement cultivées dans nos écoles de commerce !

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Et le SEO, me direz-vous ? Si votre titre ne contient pas les mots-clés recherchés, votre article est-il pour autant condamné aux profondeurs du classement ? Certainement pas. L’url de la page où il est publié, son titre alternatif, les sous-titres <h2> et <h3>, les attributs des images, et le contenu même de l’article, sont parfaitement capables de faire le job.

Accrocheur, ça ne veut pas dire raccoleur

Les débuts de la publicité dite « native » en France laissent voir le pire du titre raccoleur. Quand ces accroches sont destinées à entraîner le lecteur d’un article vers un autre article hébergé sur une plate-forme à destination purement publicitaire, elles rivalisent de démagogie.

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Parce que vous êtes un marketeur sérieux – et forcément vous l’êtes, puisque vous lisez ces lignes, vous ne vous fourvoierez pas dans ces excès. Car si la technique peut fonctionner presque mécaniquement en faisant appel aux instincts, elle conduira immanquablement au rejet une fois arrivé sur le contenu.

Trouver le bon équilibre

Quel doit être votre objectif ? C’est de varier vos titres entre informatifs, accrocheurs et carrément provocateurs, dans un cocktail pointilliste qui représentera l’image que vous voulez donner de vous.

Reprenez vos 50 derniers titres. Combien sont descriptifs, combien sont accrocheurs ? S’ils se classent tous dans une seule catégorie, n’attendez pas pour rectifier le tir.

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1 Commentaire

  1. Mael dit :

    Effectivement, les titres sont influencés par la manière dont nous voulons que le lectorat découvre le contenu (en tout cas le titre de l’article a marché pour moi ^^)

    J’avais décrit une manière de personnaliser le titre pour le SEO & social dans cet article chez M. Schaefer 🙂 http://www.businessesgrow.com/2016/01/19/headline-power/

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